Entretien Annick Cojean – droits des femmes

L’an dernier, la Mexicaine Miroslava Breach (54ans) et Gauri Lankesh (55 ans), sa consoeur Indienne, sont tuées pour s’être intéressées de trop près aux conditions des femmes dans leurs pays. 

Aussi, Reporters sans frontières annonce qu’entre 2016 et 2017, plus de 60 autres journalistes dans le monde auraient été victimes de violence pour les mêmes raisons.

Annick Cojen, journaliste Le Monde nous alerte après s’être intéressée à la dangerosité de couvrir la question de la condition féminine.

Voici son interview, à retrouver dans le magasine Grazia. 

« Traiter du droit des femmes dans les médias c’est donc, encore se mettre en danger. Pourquoi ? 

Dans les pays comme la Syrie ou la Libye, il y a une vraie chape de plomb autour de certaines questions, comme celle du viol. Personne ne veut en entendre parler, même en France. On peut passer des mois à couvrir une guerre sans jamais évoquer les femmes! C’est en train de changer, mais on aurait tort de s’en réjouir trop vite …

Pour quelles raisons ? 

Certains rédacteurs en chef abordent enfin ces sujets depuis l’affaire Weinstein. Mais il y a trop d’opportunisme. Les médias occidentaux ne doivent pas seulement couvrir ces problèmes, ils doivent aussi anticiper, jouer un rôle moteur pour ne pas laisser retomber ce mouvement historique. Il ne faut pas se contenter de l’écume des choses, il faut creuser. »

Marine.